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En quelques mots, pouvez-vous vous présenter ? Racontez-nous qui vous êtes.

J’ai 26 ans, je suis mariée et maman d’une petite fille de 10 mois. J’ai un diplôme de sage-femme et j’habite à Neufchâteau en province du Luxembourg.
Je suis porteuse de la mutation du gène BRCA2 réalisé à 24 ans. J’ai également des antécédents familiaux de cancers (seins, ovaires, utérus, prostate et digestif) du côté maternel.

 

Comment avez-vous appris la nouvelle et dans quelles circonstances ?

Durant mon dernier mois de grossesse, j’ai palpé une « boule » dans mon sein gauche. Je ne me suis pas inquiétée tout de suite puisque, c’est connu, durant la grossesse les glandes prennent du volume… Cependant, pendant l’allaitement, celle-ci a grossi rapidement.
Étant suivie régulièrement, j’ai contacté mon sénologue qui m’a reçue très rapidement. Dès l’échographie, celui-ci n’était pas rassuré, et il m’a réalisé une mammographie ainsi qu’une ponction. Le lendemain, le diagnostic est tombé : « présence très importante de cellules anormales … ». Mon sénologue ne m’a pas caché son inquiétude concernant le diagnostic. J’ai donc fait peu de temps après ces résultats une biopsie qui a confirmé ces intuitions : « c’est un cancer… »

 

Quelles ont été les étapes après cette annonce, et comment les avez-vous vécues ?

Mon bébé avait à peine 3 mois, je l’allaitais toujours. J’ai été forcée d’arrêter mon allaitement suite aux complications après la biopsie (infection, hématomes) ainsi que pour les différents examens prescrits (IRM,..). Quand tous les examens ont été réalisés, j’ai été informée des prochaines étapes (oncofertilité, chimio, opération, radiothérapie et traitement hormonal durant 5 ans).

L’annonce de mon cancer n’a pas été la chose la plus difficile à supporter pour moi. Étant porteuse du gène, je connaissais mes risques d’en développer un.
C’est l’arrêt forcé de mon allaitement qui a été l’épreuve la plus compliquée à accepter. Aujourd’hui encore, il est difficile pour moi de ne pas y penser.
J’ai également eu très peur de ne pas y arriver. Je venais de donner la vie à une merveilleuse petite fille et voilà que la mienne était en danger…

 

Comment votre famille a-t-elle réagi face à cette nouvelle ? Comment avez-vous vécu leur aide ? Qu’est-ce qui vous a particulièrement aidé venant d’eux ?

Étonnamment, beaucoup moins bien que moi… Je me suis par moment sentie vraiment seule. Étant très positive, je ne souhaitais pas en parler tous les jours, je voulais vivre normalement. Je voulais être moi, ne pas laissez cette saloperie de cancer guider ma vie. J’avais un bébé à faire grandir dans la joie et le bonheur.

Ce qui m’a le plus aidé à garder la tête hors de l’eau, c’est la présence de mon bébé. Elle m’a portée tous les jours jusqu’à présent. Elle m’a donné la force que je n’avais pas. Mon mari, à sa façon, m’a aussi permis d’y arriver. Aujourd’hui ma force c’est eux!

 

Avez-vous connu des moments/événements qui vous ont boostée et permis d’avoir plus de niaque pour vaincre cette maladie ? Si oui, racontez-les-nous.

Je n’avais pas envie de perdre mes cheveux, un peu comme toutes les femmes, mais je savais que je devais passer par là… Lorsque je les ai rasés, j’étais inquiète que mon bébé ait peur de moi. Mais, du haut de ses 4 mois, elle m’a fait un énorme sourire et j’ai vu qu’à ses yeux je serais toujours la plus belle maman du monde.

Je n’ai porté des foulards que très peu de temps. C’était surtout pour mon mari, mais je les ai rapidement retirés quand il m’a dit un jour «  si tu te sens mieux comme ça, enlève-les ». C’est une énorme preuve d’amour qu’il m’a faite, car je savais que ce changement physique était difficile pour lui.

Une autre chose qui m’a aidée, c’est de partager mon histoire. Lors de mes chimios, on se retrouvait entre 3 et 9 personnes dans la même pièce, et le fait de parler chacun de notre vécu m’aidait vraiment à ne pas me sentir seule dans mon combat. Je me sentais comprise.

 

Durant les moments difficiles, quelles étaient vos astuces pour vous donner du baume au cœur?

J’essaie vraiment de regarder le positif au lieu du négatif.

Je n’ai plus de cheveux? Ils vont repousser.

Je dois me faire opérer? Mes seins seront encore plus beaux !

Après la 2ème chimio, mes cheveux sont tombés par poignées, j’en riais en criant la pub que tout le monde connaît : « parce que je le vaux bien.. » j’en ris encore aujourd’hui !

 

Aujourd’hui, où en êtes-vous et comment vous sentez-vous ?

Je serai très prochainement opérée pour ensuite avoir des séances de radiothérapie et terminer par un traitement hormonal.

Je suis très fatiguée, des douleurs importantes parcourent tout mon corps mais je suis toujours positive, je bouge quotidiennement pour rester en forme le plus possible.

 

On dit souvent qu’il y a un avant et un après la maladie, qu’en pensez-vous ?

Le cancer me change tous les jours… je ne suis plus la même.

Il m’arrive même de dire merci à mon cancer de m’avoir ouvert les yeux sur certaines personnes, sur le temps et l’importance que j’ai pu accorder aux autres sans me préoccuper d’abord de moi-même.

On en ressort effectivement transformée.

 

Avez-vous un petit mot à dire à toutes ces femmes qui luttent contre la maladie ?

Vivez chaque jour comme si c’était le dernier, mais n’oubliez pas : le chemin est long, mais la balade en vaut la peine !

Croyez en vous, vous pouvez le faire !

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