WomanFace en est encore à ses débuts, restez attentives, du nouveau contenu arrive bientôt !
  • En quelques mots, pouvez-vous vous présenter? Racontez-nous qui vous êtes.

Je fêterai mes 54 ans au début du mois prochain, je suis maman de 4 enfants et également grand-mère depuis avril dernier d’un petit Jules.

Je consacre ma vie à ma famille. Jusqu’au diagnostic, j’étais ce qu’on appelle une femme active : je jonglais entre un boulot d’aide-soignante à domicile dans lequel je pouvais m’épanouir, les enfants avec leurs multiples activités, l’intendance de la maison et quand il me restait encore un peu de temps, j’aimais faire un peu de sport. Maintenant que je suis reconnue invalide, je passe beaucoup de temps à la maison, j’essaie de toujours m’occuper : je cuisine de bons petits plats, je fais de la couture, du tricot, je bricole…

 

  • Comment avez-vous appris la nouvelle et dans quelles circonstances ?

Début 2010, je me sentais épuisée, j’avais l’impression que quelque chose se passait dans mon corps sans réellement comprendre quoi. Puis j’ai remarqué que mon sein droit changeait un peu d’aspect, et je savais que c’était mauvais signe.

J’ai donc fait une demande d’examen de contrôle à mon médecin traitant, mais je ne lui ai pas dit la vérité de peur de sa réaction. Alors que j’étais suivie par un sénologue privé, j’ai pris rendez-vous dans un gros centre hospitalier où j’étais sûre de pouvoir recevoir tous les soins.

J’ai passé la mammographie puis j’ai eu droit à une échographie durant laquelle le médecin m’a expliqué qu’il allait me faire une biopsie et qu’il me recevrait 5 jours plus tard mais que je ne devais pas venir seule.

Le 15 mars 2010 le diagnostic est tombé : j’avais un cancer et le ganglion sentinelle était atteint. Je devais subir une mastectomie avec curage axillaire puis j’aurais de la chimiothérapie, de la radiothérapie et sûrement une hormonothérapie.

 

  • Quelles ont été les étapes après cette annonce, et comment les avez-vous vécues ?

Deux jours plus tard, je passais un bilan d’extension : prise de sang, scanner thoracique, écho abdominale et scintigraphie osseuse… J’étais morte de peur et j’étais incapable d’en parler.

Deux semaines après le diagnostic, j’étais opérée et on me plaçait un PAC (abréviation de port-à-cath®, petit boîtier placé sous la peau et relié à un petit tuyau, appelé cathéter, glissé dans une veine.)

Cinq jours après mon retour à la maison, l’infirmière coordinatrice m’a contactée pour me prévenir que deux jours plus tard je devais me présenter dans un hôpital à 50 km de chez moi pour faire un Pet- scan (car impossible d’avoir un rendez-vous aussi rapide dans la ville où j’habitais).

Un mois après l’intervention, j’ai commencé la chimio : 4 FEC suivies de 4 taxotères  + 18 herceptin (parce que le cancer était her2+++).

Un mois après le dernier taxotère, j’ai commencé la radiothérapie (25 séances).

Le lendemain de la dernière séance, j’ai commencé le Nolvadex (Tamoxifène) pour 5 ans.

 

  • Comment votre famille a-t-elle réagi face à cette nouvelle ? Comment avez-vous vécu leur aide ? Qu’est-ce qui vous a particulièrement aidé venant d’eux ?

Annoncer à mes enfants que j’avais un cancer a été affreux. Je ne supportais pas l’idée d’être à l’origine de leur douleur.

Mon mari m’a beaucoup aidée, il gérait tout à la maison : les enfants, le ménage, les courses…

Mes enfants ont grandi beaucoup trop vite suite à cette annonce. La plus jeune qui avait 8 ans a cessé du jour au lendemain de sucer son pouce et s’est occupée de moi comme si j’étais son enfant… Sachant que je devais boire régulièrement pour éviter la déshydratation (je vomissais beaucoup après chaque chimio) ; elle venait me voir toutes les ½ heures pour me faire boire.

Encore maintenant j’ai l’impression de leur avoir volé une partie de leur enfance et leur adolescence, même s’ils ne se sont jamais plaints.

 

  • Avez-vous connu des moments/événements qui vous ont boostée et permis d’avoir plus de niaque pour vaincre cette maladie ? Si oui, racontez-les-nous.

Le passage de la bénévole de « Vivre comme Avant » juste après mon intervention m’a permis de garder espoir ou plutôt d’espérer : elle avait été opérée 34 ans auparavant et était toujours là, alors pourquoi pas moi ?

Et puis, chaque moment passé auprès des gens que j’aime me donne de l’énergie.

Au début, je me suis battue pour voir la remise de diplôme des enfants, puis le mariage de mon fils ainé et la naissance de son fils. Je veux partager un maximum d’évènements avec mon mari et mes enfants, c’est pour eux que je me bats.

 

  • Durant les moments difficiles, quelles étaient vos astuces pour vous donner du baume au cœur?

Dans un premier temps, je me suis beaucoup rapprochée de la nature : elle me calme et puis elle est tellement vivante… Aussi, mon mari m’a offert un chiot (un teckel) pendant la chimio pour m’inciter à sortir. Depuis,  Summer ne me quitte plus.

De plus, l’idée de porter une perruque n’était pas facile à accepter mais après l’avoir fait essayer à mes filles (belle partie de rigolade), ça été plus facile.

Enfin, quand j’avais un petit coup de cafard, je mettais des chansons tristes, je pleurais un bon coup et puis je me sentais beaucoup mieux.

 

  • Aujourd’hui, où en êtes-vous et comment vous sentez-vous ?

J’ai fait une grosse récidive en février 2016, j’ai refait de la chimio, de la radiothérapie, changé d’hormonothérapie et j’ai un traitement ciblé à vie, mais je vais bien. Pour moi le cancer devient un peu comme une maladie chronique…

 

  • On dit souvent qu’il y a un avant et un après la maladie, qu’en pensez-vous ?

Je sais que je ne guérirai jamais mais je ne suis pas à plaindre ; je profite de chaque instant alors qu’avant je courais après le temps.

La vie est belle, il ne faut pas la survoler mais vivre chaque instant à fond.

 

  • Avez-vous un petit mot à dire à toutes ces femmes qui luttent contre la maladie ?

Accepter la maladie et apprendre à vivre avec est difficile mais quand on y est arrivé, on a plus qu’une seule envie : profiter de l’instant présent et du bonheur qu’il procure.

 

Envie de partager votre propre histoire ?  N’hésitez plus :  

https://www.womanface.be/temoignage/

 

Laisser un commentaire

Fermer le menu