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Il y a d’abord la découverte de quelque chose de suspect, la sensation que quelque chose ne va pas. Ensuite, il y a les examens pour comprendre ce qu’il se passe. Puis l’angoisse de l’attente des résultats, et enfin le choc du diagnostic : c’est un cancer.

Ce gros mot qui fait peur et qui annonce toute une série de traitements pénibles et fatigants, avec des effets secondaires qui diminuent la qualité de vie. Et après ? Lorsque tout est fini, ou du moins qu’on l’espère, reste alors une sorte de vide : quoi faire maintenant ? Comment reprendre une vie « normale » après avoir vécu tout ça ? Et puis la peur qui reste toujours dans un coin de la tête…

Le parcours d’une personne atteinte d’un cancer est souvent décrit comme un combat. Il est dit qu’on combat la maladie, avec en sous-entendu, une part active. Notre corps se bat contre le cancer, et notre mental, lui, se bat pour tenir le coup, pour continuer d’espérer, pour faire bonne figure, et pour vaincre, surtout pour vaincre.

Mais finalement, le cancer n’est pas un réel combat, car il n’est ni loyal, ni à armes égales. Et puis dans un certain sens, on se sent très impuissants, alors on s’en remet à la médecine, et on cultive l’espoir. En ce sens, nous sommes actifs : en suivant les traitements, en cultivant l’espoir, en continuant jour après jour, et en gardant le sourire autant qu’on le peut. On traverse cette épreuve plus qu’on n’entre dans un ring, comme un long chemin semé d’embuches, une course d’obstacles, une sorte de Hunger Games. Et on en ressort changé, marqué à jamais, avec une vision différente de la vie.

Le mental peut parfois être délaissé, pour donner priorité à la santé physique. L’objectif est avant tout de traverser les traitements et de s’en sortir. On sous-estime alors souvent l’influence que le mental peut avoir sur le corps. En effet, on a cette tendance à penser à guérir notre corps avant toute autre chose et on oublie que l’esprit a lui aussi besoin qu’on s’occupe de lui. Il peut en effet aider le corps à différents niveaux. Par exemple, le stress augmentant les tensions dans le corps, il augmente également les douleurs, et la fatigue. Agir sur l’anxiété, à l’aide de la relaxation ou de la pleine conscience, pour ne citer que ces techniques, peut par conséquent grandement aider à gérer la douleur et la fatigue.

Les psychologues formés à l’oncologie, appelés psycho-oncologues, peuvent proposer différents types d’interventions qui permettent de soutenir, d’aider, de gérer les symptômes, augmenter la qualité de vie durant les traitements et après les traitements. Formés spécifiquement à l’oncologie, ils peuvent aussi faire le lien avec les médecins et les autres acteurs de santé présents durant le parcours oncologique.

La prise en charge psychologique n’est pas systématiquement proposée dans tous les hôpitaux. Souvent aussi, le psychologue fait peur. « Je ne suis pas folle ». Non, vous n’êtes pas folle, mais au même titre qu’on va mettre un pansement sur une blessure physique, lorsque l’esprit souffre, on peut mettre un « pansement » dessus. Parce que la souffrance est immense dans le parcours oncologique, pour la personne comme pour ses proches. Dépression, anxiété, peurs diverses, conflits relationnels, manque de compréhension, perte d’espoir, incertitude… Les patients souffrant d’un cancer et leurs proches passent par différentes phases qui sont psychologiquement éprouvantes, en plus de l’être physiquement. C’est pour soutenir au travers de ces différentes difficultés que le psycho-oncologue est présent.

Le corps et l’esprit fonctionnent en tandem, s’influençant l’un l’autre, se soutenant l’un l’autre. Il est important de les considérer ensemble. La santé psychique est alors tout aussi importante que la santé physique. On a le droit de s’en occuper aussi bien que de notre santé physique, et encore plus lorsqu’on fait face à une épreuve telle que le cancer. S’en occuper permet d’alléger le quotidien, d’apaiser les souffrances, de faciliter la communication et la compréhension avec les proches, et puis aussi et surtout de se donner des moments à soi, des moments de répit, de repos, de penser à se faire du bien, de pouvoir continuer à s’épanouir malgré la maladie, et de mieux vivre le choc de l’annonce, la période de traitements, et l’après traitements.

 

S’occuper de soi est une priorité, et cela passe aussi par la santé psychique, qui donnera de la force et de l’énergie en plus pour traverser l’épreuve du cancer.

Sarah de Jong
Psychologue clinicienne et chercheuse en oncologie

 

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Cet article a 3 commentaires

  1. Merci de votre commentaire sur la place du psychique dans la maladie c’est très claire car vous utilisez des mots simples…cela me parle vraiment ….ex aide soignante j’ai pu remarquer l’évolution de la prise en charge du psychique lorsque les personnes étaient en chimio …il y a encore beaucoup à faire sur le sujet car toutes les familles ont dans leur entourage des personnes qui se battent pour vivre pendant et après le cancer ….les peurs notamment … s’ occuper de soi est évidemment une priorité pour avancer positivement dans sa vie après cette épreuve douloureuse .

    1. Merci pour votre partage !

  2. ❤️❤️❤️

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