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En 2018, Linda, une maman de deux jeunes filles (23 et 21 ans), a été diagnostiquée d’un cancer du sein hormonodépendant. Tout s’est alors très vite accéléré : mastectomie du sein gauche, chimiothérapie et séances de rayons. Actuellement, elle est sous hormonothérapie. Durant les 13 mois après son opération, elle a rencontré de gros problèmes de lymphe et il a fallu régulièrement la ponctionner. A multiple reprises, l’œdème s’est transformé en une grosse inflammation très douloureuse au niveau de la mastectomie.

Juste après l’opération, la femme atteinte du cancer du sein est envoyée vers une kinésithérapeute afin d’éviter qu’un œdème ne s’installe au niveau du bras. C’est dans ces circonstances que Linda a rencontré Marie, une kinésithérapeute indépendante. Diplômée depuis 2013 à la Haute Ecole Robert Schuman, cette jeune maman passionnée par son métier s’est énormément formée dans plusieurs « spécialités » telles que la kinésithérapie respiratoire, la périnéologie, le drainage lymphatique manuel (avec une spécialisation dans le cancer du sein), le crochetage, etc.  Marie trouve son métier très enrichissant. Ces propos le confirment d’ailleurs : « Je rencontre de belles personnes qui m’apportent de belles leçons sur la vie ».

Nous vous présentons ici notre interview avec ces deux femmes incroyables.

Pour quelles raisons les femmes atteintes d’un cancer du sein doivent-elles aller voir un kinésithérapeute ? Qu’est-ce que ça leur apporte ?

Marie

Lorsqu’il s’agit d’une ablation totale de la glande mammaire, il est important de drainer la zone au niveau de la cicatrice. Il est important de masser correctement les cicatrices pour qu’il n’y ait pas d’adhérence. Le kiné doit également mobiliser l’épaule de la patiente, lui montrer des petits exercices à faire au quotidien pour mobiliser son bras et son épaule sans tension et sans que le réflexe de protection ne prenne le dessus dans des postures antalgiques.

Le kiné est là aussi pour soutenir la patiente dans son traitement car certaines patientes sont amenées à devoir faire de la chimiothérapie, de la radiothérapie, de l’hormonothérapie. C’est l’inconnu. On commence parfois les séances sans en connaître les résultats. L’attente est longue et difficile. Il faut leur remonter le moral et restez positive le plus souvent possible, les accompagner dans les hauts et les bas qu’elles vivent, les conseiller au mieux pour en parler à leur famille, à leurs proches. Certaines ne veulent pas en parler, n’osent même pas prononcer le mot « cancer » ou « tumeur ». L’accompagnement est pour ma part très important. 

Linda 

Ça m’a aidée aussi bien au niveau psychologique que physique. J’attendais à chaque fois avec impatience mes rendez-vous chez elle, d’autant plus que j’ai retravaillé très rapidement après mon opération (un mois après), et je passais directement chez elle après mes journées de travail. C’était la demi-heure de « plaisir », plus que nécessaire, où je pouvais me poser, me relaxer et discuter avec elle de mon état physique et mental. Ces séances soulageaient vraiment la douleur et le « tiraillement » que je ressentais à l’endroit de ma mastectomie.

Linda, quels liens avez-vous construit avec Marie ?

Un vrai lien d’amitié est vite né entre ma kiné et moi. Je me sentais à l’aise avec elle, car il n’y avait ni pitié, ni dégoût dans son regard. Elle a été tout autant mon « psy » que ma kiné. Elle m’a rassurée à plusieurs reprises et a pu répondre à toutes les questions que je me posais grâce à son expérience avec des dizaines d’autres femmes qui vivent la même chose que moi. Elle m’a donné de supers conseils quant aux soins à donner moi-même à ma peau au quotidien au niveau de ma cicatrice et sur la manière de me masser pour me soulager. 

Marie, quand et à quel rythme conseillez-vous d’aller voir un kiné ?

Maintenant, il y a une kiné qui passe directement après l’opération. Elle donne les premiers conseils à la patiente concernant les mouvements à faire et ne pas faire et les contre-indications. Elle réalise les premiers drainages lors des quelques jours d’hospitalisation.

Dès la rentrée au domicile, la patiente doit contacter une kiné spécialisée dans ce type de pathologie pour pouvoir réaliser le drainage au plus vite, avec, dans un premier temps, trois à quatre séances par semaine.

C’est important de le faire rapidement pour ne pas que la lymphe s’installe en masse dans une zone (bras par exemple) et pour que la patiente retrouve ses mouvements habituels petit à petit. 

Linda a vu Marie pendant au moins 10 mois à hauteur de 2 séances par semaine les 6 premiers mois. Ces séances sont prises en charge partiellement par la mutuelle. Linda avait aussi une assurance hospitalisation qui a pris le reste des dépenses en charge. En effet, celle-ci couvre tous les frais inhérents à la suite de l’opération en cas de maladie grave.

Marie, comment bien choisir son kiné ?

Généralement, à l’hôpital, il y a une liste des kinésithérapeutes qui sont répertoriés en fonction de leurs spécialités.

La patiente doit être aiguillée par la chirurgienne ou par l’infirmière référente.

Il est préférable que la patiente prenne contact avec la kinésithérapeute avec qui elle veut faire les séances quelques jours avant l’opération afin de prévoir les séances à l’avance.

Il est important de prendre une kinésithérapeute spécialisée dans le drainage lymphatique manuel et plus spécifiquement encore dans le cancer du sein.

Marie, un dernier mot pour encourager ces femmes ?

Je dis toujours à mes patientes :  » Pensez positif.  Entourez- vous de personnes positives. Restez active. Prenez soin de vous et écoutez votre corps. »

 

Marie Piron, Linda et L’équipe WomanFace

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