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Comment manger pendant les traitements ?

C’est une question importante. En effet, en période de traitement, l’alimentation joue un rôle essentiel dans l’optimalisation des effets de la chimiothérapie.

Ainsi, voici quelques bénéfices d’une alimentation optimale :

    • Meilleure réaction de la tumeur au traitement
    • Diminution des problèmes de santé lors des interventions chirurgicales
    • Diminution des effets secondaires des traitements
    • Renforcement de l’immunité et diminution du risque d’infection

Comme tout traitement, la chimio a ses effets secondaires. En s’attaquant aux cellules cancéreuses, elle s’attaque aussi à certaines cellules saines dont les globules blancs. L’immunité du corps est alors mise à mal et le risque d’infection s’accroît.

Afin de diminuer ce risque, il est conseillé de choisir une alimentation dite « décontaminée ». Cela ne fait pas rêver, c’est vrai. Mais quelques recommandations bien suivies peuvent vous éviter certains désagréments tout en conservant une alimentation agréable.

 

Le conseil général :

Le conseil à suivre impérativement pendant votre traitement est de manger un maximum de produits hautement contrôlés. Ces produits sont, en général, des produits industriels. Le bio, le local, le « fait-maison », c’est bon pour la santé mais c’est risqué durant votre traitement. Plus important encore, que vous mangiez bio, local ou industriel, rien ne doit être mangé cru. En effet, ce qui n’est pas cuit n’est pas safe.

 

Pour chaque famille alimentaire :

  • Les féculents

Préférez-les blanc ou demi-gris.

  • Les légumes

Évitez toutes les crudités, qu’elles viennent de votre jardin ou d’un producteur bio et même si vous êtes certaine de les laver correctement. Elles pourraient être souillées par des déjections animales.

Pour conserver un maximum de vitamines, pensez par exemple aux potages.

Cependant, si les odeurs de cuisine ne sont pas supportables, tournez-vous vers les surgelés ou les conserves qui embaumeront moins.

Les conserves ont un autre avantage : elles sont traitées à ultra haute température, ce qui rendra donc votre alimentation encore plus safe.

Vous pouvez cependant manger des légumes locaux ou bio tant que vous les cuisez à une température supérieure à 65°. En effet, les germes seront alors tués !

  • Les fruits

Vous pouvez manger des fruits crus uniquement s’ils sont pelés. Par contre, on mettra de côté pour le moment les baies, les fruits rouges, les raisins,…

Quant aux fruits secs et fruits à coques, ils risquent de contenir trop de germes pathogènes. Même s’ils apportent de très bonnes graisses, ce n’est pas le moment d’en consommer.

Les fruits cuits, les fruits en conserve et les smoothies seront souvent mieux tolérés.

Comme la digestion et la flore intestinale sont également mises à mal pendant le traitement, il est important que vous ne retiriez pas les fruits et les légumes de votre alimentation, car ils vous fourniront un bel apport en fibres, vitamines et sels minéraux qui ne peuvent qu’être bénéfiques.

  • Les produits laitiers

Le cru est à bannir. Les amatrices de bons plateaux de fromages devront se rabattre sur des produits plus industrialisés… mais ce n’est que partie remise !

Vérifiez toujours sur les étiquettes que le produit laitier que vous achetez est « UHT » (traité à Ultra Haute Température) ou fabriqué à base de « lait pasteurisé ». Cependant, même s’ils sont pasteurisés, il faudra aussi éviter les fromages aux fines herbes et les fromages persillés de type Roquefort, Gorgonzola,… Pour le reste, n’oubliez pas de bien enlever la croûte des fromages avant de les manger.

Néanmoins, vous pourrez vous faire plaisir en choisissant des yaourts, des fromages fondus (Philadelphia, Maredsous,…), ou encore des fromages à pâtes dures (Gouda, Passendaele,…) En effet, les produits laitiers constituent une très bonne source de protéines et de calcium, ne les négligez donc pas !

  • Les viandes, volailles, poissons, œufs

En ce qui concerne cette famille alimentaire, il est important de toujours bien cuire les produits consommés. Il est aussi conseillé d’éviter les boucheries ou la ferme près de chez vous. Le contrôle de ces produits est supérieur dans l’industrie que chez ces producteurs. De plus, les aliments sont conditionnés sous-vide, sous atmosphère protectrice, ce qui les rend plus sûrs au niveau de la conservation.

Si vous préférez vraiment de la viande ou du poisson local, il est impératif de le cuire à une haute température (plus de 65°).

Sont à éviter : les carpaccios et autres tartares, les viandes crues/saignantes voire même rosées, les charcuteries et fumaisons crues, les sushis, les crustacés, les œufs mollets ou sur le plat, les préparations à base d’œufs crus ou de blancs d’œufs.

En période de chimio, il n’est pas rare d’avoir un fort dégoût pour la viande et le poisson. Leur odeur devient incommodante et leur digestion paraît difficile. Pensez alors aux conserves de poisson ou de viande, aux œufs durs, aux jambons cuits, aux pains de viande… Ils passent souvent bien mieux.

Mais, encore une fois, ne rejetez pas complètement cette famille alimentaire qui vous apportera protéines et fer dont les besoins sont accrus en cette période.

  • Les matières grasses

Contrairement aux idées reçues, il est important d’en consommer (en petite quantité) tous les jours. Vous en avez besoin pour reconstituer les cellules saines détruites par le traitement.

Pour une meilleure digestion, ne surchargez cependant pas les repas en graisse (passage à la friterie, raclette, fondue,…).

  • Les extras

Ils sont essentiels ! Ils font plaisir et réconfortent. Évitez toutefois les préparations à la crème fraîche ou pâtissière, celles contenant des blancs d’œufs crus, les produits artisanaux,…

Pour l’instant, choisissez plutôt des produits industriels, emballés en conditionnement individuel. Vous aurez bien le temps de revenir à de l’artisanat et des produits de terroir plus tard, après le traitement.

 

Pour finir…

N’hésitez pas à parler de ce principe d’alimentation safe à votre entourage. Les proches ont souvent à cœur d’apporter des petits plats réconfortants, il est donc important de leur faire part de tous ces conseils.

De plus, si vous choisissez les services de repas à domicile, beaucoup d’entre eux proposent des déclinaisons de menus adaptés. Précisez-leur à l’inscription.

Tous ces précieux conseils sont à mettre en pratique dès le début de vos traitements jusqu’à un mois après la fin de ces derniers. Effectivement, il vaut mieux être vigilante et attendre d’avoir à nouveau un stock suffisant de défense immunitaire. Une fois passé ce délai, tous les produits faits maison, locaux ou bio redeviennent bien sûr l’idéal. La qualité des matières premières n’en sera que meilleure !

 

Stéphanie Navarre

Diététicienne à Ottignies

Retrouvez-là sur https://www.facebook.com/navarrediet/

 

 

Cet article a 3 commentaires

  1. 1/ voir l’état de santé du patient… Avis du médecin …
    2/ Les légumes crus et bio apportent + de vitamines … Si on compare aux légumes cuits ( … certainement pas industriels 😱 )
    3/ Maintenant c’est des questions d’hygiène pour éviter que le patient soit contaminé par une bactérie vu qu’il est affaibli ( comme se laver les mains et également ne pas être en contact avec une personne malade même un simple rhume !!! )
    4/ Manger bio reste + sain que de l’industriel car bjr la composition de certains produits industriels 😱
    Pour moi, mon médecin traitant m’avait prescrit le maximum de bio et le minimum de viande … Voir article du Dr Kousmine
    https://www.bio-infos-sante.fr/docteur-kousmine-traiter-cancer-l'alimentation
    Pour les nausées, vomissements… des soupes, des légumes et fruits crus en petites quantités plusieurs fois par jours et je le répète encore et encore, celui qui m’a réellement sauver des vomissements est mon ostéopathe ( même mon oncologue m’a demandé « le secret de mon miracle «  …

  2. Bonjour et merci pour votre retour.
    Voici quelques éclaircissements par rapport à vos remarques ;
    1/ Bien évidemment, tous conseils est à mettre en corrélation avec l’avis médical. Le diététicien intervient d’ailleurs sur prescription.
    2/ L’apport en vitamines entre le bio et le conventionnel est fort similaire. Certes les légumes bio contiennent plus de polyphénols et moins de pesticides.
    3/ Bien sûr les questions d’hygiène sont cruciales, la cuisson et l’appertisation en font partie.
    4/ Le Bio est très bien, ces produits ont l’avantage de contenir beaucoup moins de pesticides.
    Attention toutefois à l’apport en protéines qui doit être de l’ordre de 1g par kg de poids corporel. La viande peut être limitée si toutefois l’apport en protéines est maintenus par le principe de complémentarité végétarienne.

  3. Bonjour,
    Je ne comprends pas comment on peut conseiller des produits industriels dépourvus d’intérêt nutritionnel à des personnes qui luttent contre un cancer. Est-ce que ce sont réellement des guidelines officielles de l’union des diététiciens ? Merci.

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