Vous avez une perte d'appétit ou vous êtes immunodéfient?

Après vous avoir mis dans le contexte de l’alimentation pendant les traitements et après vous avoir donner mes conseils pour (bien) manger (les deux premiers articles de cette saga), je vous donne dans ce dernier article des pistes d’aide si vous n’avez plus d’appétit ou si vous êtes immunodéprimé(e).

En cas de contraintes liées au(x) traitement(s) entraînant une diminution ou une perte de votre appétit :

– L’équilibre alimentaire parfait passe au second plan dans une période d’anorexie : ce qui compte, c’est de manger et de s’hydrater suffisamment.

– Dans la mesure du possible, essayez de continuer à manger à chaque repas, même si ce sont de petites quantités.

– Si vous mangez moins à vos repas habituels, prenez l’habitude de compenser cette diminution par des collations. En jargon diététique on parlera de « fractionner sa journée alimentaire ».

Par exemple, si vous ne consommez que la moitié de votre repas à midi, mangez 1 à 2 collation(s) dans l’après-midi (une tartine, un fruit, un yaourt, une poignée de fruits oléagineux, quelques dés de fromage, des olives, un œuf à la coque, …).

Si votre digestion vous le permet, octroyez-vous une « collation tardive » en soirée afin de réduire le jeûne nocturne.

– Ecoutez-vous, écoutez vos envies, mangez ce que vous tolérez et ce qui est possible pour vous.

– Facilitez-vous la vie si vous n’avez pas suffisamment d’énergie pour la préparation des repas : aide d’un proche, d’une aide-familiale, préparation alimentaire en plus grande quantité puis congélation les jours où cela est possible, repas préparés du commerce ou par une société qui livre à domicile, …

– Enrichissez vos repas et/ou consommez des suppléments nutritifs oraux hypercaloriques et hyperprotéinés vendus en pharmacie. Pour ces conseils plus spécifiques, référez-vous à votre diététicie(ne).

– En cas de nausées et/ou de vomissements empêchant la prise alimentaire : privilégiez l’hydratation, par petites gorgées régulières et fréquentes. Les boissons peu sucrées et légèrement salées sont conseillées.

Exemple d’une boisson de réhydratation « maison » :

  • 500ml d’eau
  • 500ml de jus de fruits au choix
  • ¼ de cuillère à café de sel

En cas de douleurs buccales, adaptez la texture de vos repas en privilégiant les purées (de pomme de terre, de légumes, de légumineuses), les poissons, les œufs, les viandes ou volailles mixées ou écrasées, les tapenades, les potages, les compotes, les desserts lactés, les panades, les petits soldats à tremper et autres tambouilles faciles à avaler.

Le cas particulier de l’alimentation « propre » ou « décontaminée ».

L’alimentation propre est une alimentation aussi dépourvue que possible de germes. Elle est indiquée lorsque vous êtes immunodéprimé(e), c’est-à-dire lorsque votre système immunitaire est affaibli.

Il est important de souligner que cette alimentation ne doit être appliquée que dans les cas d’une immunodéficience. Si c’est un effet secondaire potentiel de votre traitement, ce sont les soignants de votre institution qui vous informeront de ce cas particulier.

Les jours où vous êtes donc plus à risque, évitez le sandwich filet américain crudités dans le snack louche du coin de la rue voisine.

Mais plus précisément encore :

– Evitez les fruits et légumes crus consommés à l’extérieur. Si c’est vous qui préparez à manger, veillez à laver correctement ces aliments puis à les éplucher.

– Cuisez les viandes, volailles et poissons suffisamment à cœur. Evitez les charcuteries crues.

– Consommez les œufs uniquement cuits et lavez-vous correctement les mains juste après leur manipulation.

– Préférez les fromages à pâte pressée et les fromages fondus plutôt que les fromages artisanaux et au lait cru.

– Privilégiez en règle générale les aliments « UHT », stérilisés, thermo scellés et en emballage individuel et respectez d’autant plus les règles d’hygiène de base dans la préparation des repas.

Comme vous avez pu vous en rendre compte si vous avez eu le courage de lire les différents articles de cette saga, l’alimentation en cas de cancer peut prendre des visages bien différents selon les situations. A cela s’ajoute parfois un régime alimentaire primaire dans le cas, par exemple, d’une allergie alimentaire, d’un diabète ou d’une maladie cœliaque.

Le/la diététicien(ne) est la personne de référence pour vous accompagner pendant cette période, que vous vouliez son aide régulière pour réorganiser toute votre alimentation à grand renfort de conseils, astuces et recettes, ou bien que vous ne le/la sollicitiez que ponctuellement pour une demande bien précise.

Je vous invite d’ailleurs à aller voir la différence entre une diététicienne, une nutritionniste et un médecin nutritionniste sur ce site.

Jessy Theisman, diététicienne. 

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