Quelle alimentation adopter pendant mon traitement?

Vaste question qui sous-tend un nombre important de paramètres à prendre en compte.

Parce que oui… il est évident, (et démontré), qu’une alimentation équilibrée, adaptée, basée sur les principes de la pyramide alimentaire et associée à une bonne hygiène de vie soutient considérablement le traitement de manière générale.

Oui mais…

Comment savoir si ce que je fais de base est considéré comme alimentation équilibrée ?

Comment faire si j’ai tendance à perdre l’appétit ? Si mes goûts changent ? Si je commence à être dégoûtée par la viande, ou par les légumes ?

Comment faire si les aliments sucrés m’attirent davantage alors que j’entends que mon alimentation devrait être exempte de sucre au risque de nourrir la tumeur ?

Comment faire si je suis épuisée par moments et que je n’ai ni la force ni l’envie de me préparer un bon petit repas ?

Comment faire si les factures s’accumulent et que je ne peux pas me permettre d’acheter du frais, du bio, du local ?

Comment faire si j’adore les crudités, les salades composées, les légumes de mon jardin et que j’entends que mon alimentation devrait être « décontaminée » ?

Il est important de rappeler que la suppression des sucres dans l’alimentation (régime cétogène) ainsi que la pratique du jeûne n’ont pas démontré un niveau de preuves suffisant chez l’Homme atteint de cancer, en l’état actuel des connaissances. Les sociétés savantes déconseillent donc leur pratique à ce jour. Si malgré tout vous souhaitez entamer des modifications alimentaires qui vont dans ce sens, n’hésitez pas à en discuter avec le/la diététicien(ne) de votre institution afin qu’elle vous conseille au mieux en fonction de votre situation.

Ce qui est par contre largement démontré depuis de nombreuses années, est la prévalence élevée d’un état de dénutrition chez les personnes en traitement oncologique. En bref, la dénutrition s’installe lorsque les apports alimentaires sont inférieurs aux besoins. Il en résulte une perte de poids, et notamment, une fonte de masse musculaire. Et quand on perd une partie de ses muscles, on perd aussi une partie de sa « qualité de vie ».  Bref, en gros, on est crevé et on supporte moins bien les traitements.

C’est pourquoi vous avez le droit (le devoir ?) de vous insurger si on vous dit, avec un clin d’œil complice, qu’ « heureusement, vous avez des réserves »… D’autant plus si c’est une personne du corps médical… oui oui, vous avez le droit !

En résumé, une perte de poids n’est intéressante QUE si l’alimentation est correctement adaptée et accompagnée d’une activité physique régulière et/ou d’un renforcement musculaire, et ce, chez des patientes qui n’ont pas de traitement de radiothérapie. (La radiothérapie implique en effet de prendre des mesures sur le corps pour envoyer les rayons au bon endroit. Si votre corps change de trop pendant cette période, l’ajustement aux mesures peut être plus compliqué.)

Il est donc le plus souvent conseillé de garder son poids habituel pendant la durée du traitement et d’entretenir votre capital musculaire si vous êtes en capacité de vous mobiliser. Si vous souhaitez entamer une démarche de perte de poids, parlez-en à votre diététicien(ne) afin qu’elle vous accompagne après la fin des traitements et, surtout, lorsque vous vous sentirez prête pour cela. Il n’est pas toujours possible de mener tous ses combats de front.

N’hésitez pas à consulter les prochains articles si vous voulez en savoir plus sur comment (bien) manger pendant les traitements ou encore si vous voulez avoir des pistes d’aide en cas de perte d’appétit ou d’immunodéficience.  

 

Jessy Theisman, diététicienne

Cet article a 1 commentaire

  1. Pierson aurore

    Bravo Jessy. Bel article clair et complet.

Laisser un commentaire